Peut-on monter son entreprise en étant parent ? Quels sont les challenges que l’on rencontre quand on souhaite se lancer ? Réponse avec Marie-Laure, qui a créé Sweet ML, sa boutique de biscuits décorés à Cossonay !

À la base, je suis enseignante, notamment de cuisine. J’ai découvert le monde de la pâtisserie un peu par hasard. Alors que j’étais enceinte de mon deuxième enfant, j’ai vu une annonce d’un établissement, la Boite à thé à Morges, qui cherchait quelqu’un pour leur confectionner quelques gâteaux par semaine afin de les servir aux clients avec leur thé.

Comme j’allais être en congé maternité, je me suis dit que cela me ferait une petite activité pour m’occuper sans me prendre trop de temps !

Quelques temps après, à mon enterrement de vie de jeune fille, j’ai découvert les biscuits décorés et j’ai tout de suite adoré faire ça !
Par la suite, après pas mal de tests et d’apprentissages, j’en ai réalisé pour l’anniversaire d’une collègue et la naissance de mon neveu. Puis j’en ai fait pour le Noël de mes élèves, un Père Noël et un renne, et j’ai posté une photo sur Facebook sans vraiment en attendre quoique ce soit. Mais un peu par surprise, suite à ça, j’ai commencé à avoir pas mal de demandes pour en faire pour des particuliers et même pour la Boîte à Thé.

À ce moment-là, je travaillais dans ma cuisine, de manière complètement artisanale. Je n’avais pas pour but de créer une entreprise, je m’amusais !
Six mois après, une amie m’a proposé de participer à un marché artisanal. D’abord hésitante, j’ai finalement accepté le challenge et après avoir écoulé pratiquement tout mon stock, et surtout obtenu des retours très positifs, je me suis dit qu’il y avait sûrement une opportunité de pouvoir officialiser et développer mon activité de biscuits décorés.

J’ai donc commencé les démarches administratives, mais les nouvelles normes d’hygiène ne me permettaient plus d’utiliser ma cuisine personnelle pour produire et m’obligeait à trouver un local équipé d’un laboratoire de production alimentaire.

Cela posait plusieurs soucis, d’organisation tout d’abord, car l’impact sur la vie familiale était complètement différent si je ne travaillais plus à la maison, mais aussi financier, avec un loyer supplémentaire à payer et un investissement important en équipements.

J’étais donc face à deux options : abandonner devant les difficultés ou prendre cette étape comme un challenge pour me donner les moyens de développer l’activité pour de bon.

J’ai choisi la deuxième et après une première année assez compliquée, pendant laquelle on a tous dû trouver notre rythme au sein de la famille, l’activité a bien décollé et le concept a vraiment été validé.

Actuellement, avec ma collaboratrice Sophie que j’ai pu engager l’année passée, nous produisons nos biscuits dans le laboratoire de la boulangerie Dériaz, à Préverenges, qui me laisse l’utiliser la journée, alors que la boutique est à Cossonay.

Je caresse évidemment l’idée de trouver un lieu qui me permette de tout avoir en un seul endroit, mais pour l’instant je préfère ne pas me précipiter car cela aurait un gros impact sur le loyer.

Jamais je n’aurais imaginé me retrouver entrepreneure sans les impulsions de la Boîte à Thé, de mon amie pour participer au marché artisanal et de toutes les personnes qui m’ont fait réaliser que le potentiel était bien là en me commandant des biscuits au tout début.

Il est clair qu’en tant qu’indépendante, je n’ai plus la stabilité d’un revenu que je pourrais avoir si j’étais employée. Mais le fait de créer et gérer mon activité comme je le souhaite et de m’épanouir au travail est une liberté qui compense complètement la sécurité qu’offre un employeur.

Je n’ai jamais été du genre à me jeter dans le vide sans filet, mais cette expérience entrepreneuriale m’a aussi appris à prendre des risques en ne contrôlant pas tout à 100%.

Dans mon entourage, certaines personnes ne comprennent pas que j’aie quitté la stabilité d’un emploi pour me lancer. Mais je pense que les mentalités évoluent, il faut se donner la chance de faire ce qu’on veut de notre vie car on n’en a qu’une !
De plus, je sais qu’en cas de souci, avec ma formation et mon expérience d’enseignante, je pourrai retrouver un travail.

Pour se lancer en indépendant, il ne faut pas avoir peur d’aligner les heures de travail. J’ai réalisé qu’il était important d’être impliqué·e à fond dans son projet sans culpabiliser en pensant qu’on verra moins notre famille, car la souplesse que cela offre permet au final de passer plus de temps de qualité avec eux.
Comme j’ouvre la boutique à 9h30, cela me permet de prendre le petit-déjeuner avec mes enfants, de les accompagner tranquillement à pied à l’école, chose qui serait plus compliquée si j’avais un employeur avec des horaires de travail fixes.

J’ai également la chance que mon mari soit très présent au quotidien et pour m’épauler pour mon activité. Ça m’a beaucoup aidée à mener mon projet à bien mais surtout à m’épanouir dans ce que j’aime faire. Je n’aurais pas pu faire tout ça sans son aide et je tiens à souligner combien les hommes ont également leur rôle à jouer !

Informations pratiques :

Sweet ML
Grand Rue 5
1304 Cossonay

www.sweetml.com
instagram.com/sweet_ml_
facebook.com/sweetmlbiscuits

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